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Le mot du directeur · Ligne éditoriale

Rendre visibles
les mondes miniers.

Un périodique documentaire et analytique consacré aux économies extractives, aux territoires miniers et à leurs transformations sociales, environnementales et historiques en Afrique centrale.

T.E.M — Terres Extractives Minées — naît d'un constat simple : les activités minières transforment profondément les sociétés africaines, mais ces réalités demeurent souvent mal documentées, peu accessibles au grand public ou enfermées dans des discours techniques et institutionnels.

Nous voulons créer un espace indépendant de documentation, d'enquête, de mémoire et de vulgarisation, capable de rendre intelligibles les mondes extractifs à travers une écriture accessible, rigoureuse et ancrée dans les réalités du terrain.

Un sous-sol stratégique

L'Afrique centrale détient une part déterminante des ressources minérales mondiales : plus de 70 % des réserves de cobalt en RDC, plus de 40 % de croissance attendue de la demande mondiale de cuivre d'ici 2040, 16 000 milliards USD de revenus projetés sur 25 ans pour le cobalt, le cuivre, le nickel et le lithium (FMI, 2024).

Derrière chaque concession, un village déplacé, un chef traditionnel sollicité, une rivière dont les enfants n'osent plus boire l'eau.

Une intensification sans précédent

À Batouri, Ketté et Kenzou, la superficie minière a crû de +5 000 % entre 2010 et 2024 (FODER). Dans le seul Est-Cameroun, 270 000 hectares de forêts primaires humides ont disparu sur la même période.

Des populations invisibilisées

Travail des enfants, vulnérabilités genrées, contamination au mercure, expropriations de facto : ces réalités sont documentées par la recherche mais restent quasi absentes de l'espace public francophone africain.

Une lacune éditoriale

Il n'existe pas, à ce jour, de périodique documentaire en français dédié aux mondes extractifs d'Afrique centrale dans leur dimension sociale, historique et humaine. Les revues juridiques existent, les rapports institutionnels aussi — mais l'enquête, le récit, la mémoire et la cartographie n'y trouvent jamais leur place simultanément.

Notre méthode

Trois principes directeurs.

01

Rigueur

Des sources vérifiables et un ancrage dans la littérature scientifique. Rien que nous ne puissions étayer.

02

Accessibilité

Une écriture lisible par tous sans renoncer à la complexité. La vulgarisation comme exigence, pas comme appauvrissement.

03

Ancrage territorial

La priorité à l'enquête de terrain et à la parole des populations concernées. Le terrain avant le commentaire.

Pourquoi l'Adamaoua et l'Est pour ce numéro ?

Nous avons choisi d'ouvrir avec l'Adamaoua et l'Est-Cameroun parce que c'est là que la collision est la plus visible : entre une économie d'or artisanale et semi-mécanisée en explosion, des chefferies parfois fragilisées et des écosystèmes qui paient un prix qu'aucun rapport n'a encore réellement chiffré. À cela s'ajoute le démarrage imminent de l'exploitation de la bauxite de Minim-Martap et Ngaoundal.

Au-delà du Cameroun, T.E.M couvrira progressivement la République centrafricaine, le Tchad, le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo, à travers neuf rubriques durables.

Banesé Betaré Elias
Directeur Général · Rédacteur en chef
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