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Paroles de terrain · Les trajectoires

Celles et ceux que
la mine a façonnés.

Des voix recueillies sur les chantiers, dans les villages riverains et le long des rivières. La parole de première main est au cœur de la démarche de T.E.M.

Avant, on buvait l'eau de la rivière. Aujourd'hui, nos enfants ont des plaies que le mercure refuse de fermer.
Une mère, 42 ansBatouri · Est-Cameroun
J'ai quinze ans. Je porte quarante kilos de minerai chaque jour. Mon dos est plus vieux que celui de mon père.
Idriss, 15 ansKetté · chantier semi-mécanisé
Vingt-cinq ans que je lave la terre. La mine m'a nourrie, la mine m'a usée. Mes filles, elles, je veux qu'elles étudient.
Aïssatou, 35 ansMeiganga · Adamaoua
On nous a élargi la concession de mille deux cents hectares. Personne n'a consulté les lamidats. Notre terre, on l'apprend dans le journal.
Un chef traditionnelNdélélé · Est-Cameroun
Je vends du riz, des piles, du carburant aux creuseurs. Quand le site ferme, mon commerce ferme avec lui. On suit l'or comme on suit la pluie.
Aliou, commerçantChantiers de l'Adamaoua
Nous constatons, nous documentons — mais l'échelle nous dépasse. Il faudra bien que quelqu'un raconte tout cela.
Un sous-préfetBétaré-Oya
Vous avez une histoire ?
Dans votre village, votre famille, votre commune — une parole que la presse n'a jamais recueillie ?

T.E.M recueille les témoignages — de manière anonyme si nécessaire. Chaque récit nourrit nos enquêtes et la rubrique « Les trajectoires ».

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