Le 14 mai dernier, les autorités sanitaires de la commune de Bétaré-Oya ont publié un communiqué confirmant ce que les riverains de la rivière Lom répétaient depuis plusieurs mois : les analyses prélevées en aval des sites d'orpaillage révèlent des taux de mercure très supérieurs aux seuils tolérés par l'OMS.
Pour les habitants des villages de Mbal, Goumourou et Tongo-Gadima, cette annonce confirme une réalité quotidienne. Les enfants pêchent moins. Les femmes parcourent désormais plusieurs kilomètres pour atteindre une source dite « sûre ». Les jardins maraîchers en bord de rivière donnent des récoltes inégales.
« Nous constatons, nous documentons — mais l'échelle nous dépasse. »
La filière artisanale aurifère, encadrée sur le papier par la loi minière de 2016, opère dans les faits selon des règles parallèles que les pouvoirs publics peinent à imposer. Pour le sous-préfet de Bétaré-Oya, joint par téléphone, le problème dépasse le mandat communal. Une mission interministérielle a été annoncée pour juillet.